
Data City : quels enjeux pour la ville de demain ?
Table ronde « Data City : quels enjeux pour la ville de demain ? »
Organisée par Guillaume Oudenot, Responsable du Département marketing digital et communication28 septembre 2026
Cette table ronde a marqué le lancement du projet Data City, ouvert aux étudiants de troisième année de Bachelor et de Licence jusqu’au 8 décembre.
Les programmes concernés sont Cyber Sécurité, Développement Web, Data, Marketing et Communication.
En équipes, ils devront choisir une thématique liée à la ville de demain, parmi lesquelles l’environnement, la sécurité, la mobilité, la santé et la participation citoyenne.
Animé par Tom Boyer (étudiant ingé 1 de l’Efrei) , l’échange a réuni Dina Fakih, enseignante-chercheuse à l’Efrei Research Lab, Geoffroy Jean-Bart, chef de projet en transformation numérique des collectivités, Johan Cavirot, chef du service de l’innovation et de la prospective (DILT), commissaire de police spécialiste des enjeux cyber, et Yann Velly, consultant en intelligence économique et élu local.
Une ville intelligente au service des habitants
Les intervenants ont défini la smart city comme une ville capable de mieux comprendre son fonctionnement pour prendre des décisions utiles à ses habitants. Les capteurs, les données et l’intelligence artificielle peuvent aider à anticiper un risque, organiser les déplacements ou améliorer un service. Mais leur efficacité dépend de la capacité des personnes et des institutions à interpréter les informations et à agir ensemble.
La mobilité en fournit un exemple concret : dans une ville congestionnée, comment permettre aux secours de circuler rapidement ? Dina Fakih a présenté les perspectives de la 6G, qui pourrait associer communication et détection pour localiser plus vite des personnes lors d’une catastrophe. Elle a évoqué les véhicules connectés et les systèmes capables de repérer la somnolence d’un conducteur.
Des données nombreuses, mais difficiles à partager
Les collectivités disposent déjà de nombreuses données. Le défi consiste à les transformer en informations fiables et exploitables. Ces données sont produites par des acteurs différents, à plusieurs échelles administratives, et restent souvent réparties entre services. Leur partage demande donc une coordination technique, mais aussi des choix d’organisation et de budget.
Les participants ont souligné qu’une ville intelligente ne peut fonctionner sans intelligence humaine : il faut savoir quelles données recueillir, qui peut y accéder et qui prend la décision. Accumuler des données ou créer un service numérique sans usage réel ne suffit évidemment pas.
Sécurité, libertés et inclusion
La cybersécurité a occupé une place centrale dans les échanges. Une attaque ou un capteur transmettant une donnée erronée pourrait conduire à une mauvaise décision. Les intervenants ont insisté sur la fiabilité des informations, la maîtrise des technologies utilisées et la capacité des services publics à continuer de fonctionner en cas de panne.
Le développement de la ville connectée doit aussi respecter les libertés individuelles. La collecte de données, notamment par les téléphones ou la vidéoprotection, appelle des limites claires et une attention aux règles de protection des données.
Enfin, la transformation numérique doit rester accessible à tous. La fracture numérique qui écarte radicalement 4 millions d’individus et plus relativement 11 millions sur 67 millions d’habitants doit demeurer une préoccupation des acteurs.
Les intervenants ont défendu le maintien d’un accompagnement humain et de plusieurs façons de participer à la vie locale : réunions, échanges directs, courriels ou plateformes citoyennes.
Quelle place pour l’intelligence artificielle ?
L’IA offre déjà des usages ciblés, par exemple pour analyser des images, assister la conduite ou faciliter certaines tâches administratives. Son adoption par les collectivités suppose toutefois d’évaluer les fournisseurs, les sous-traitants et les responsabilités en cas de problème. Son empreinte environnementale doit également être prise en compte dès la conception des projets.
La table ronde s’est conclue sur une idée commune : la ville de demain se construira par la coopération entre chercheurs, collectivités, entreprises, services publics et citoyens. Les étudiants participant à Data City sont invités à partir de besoins concrets pour imaginer des solutions utiles, sûres et accessibles.
